C’est la question qu’un de mes lecteurs m’a envoye par email, alors qu’il se prepare a faire des choix de cursus qui determineront en grande partie les cinq a dix premieres annees de son experience professionnelle.
Comme c’est une question assez commune, je me suis dit que ca pouvait peut-etre interesser certains d’entre vous. En voici donc un extrait:
Les VCs de la Valley ont dans la tres grande majorite suivi un MBA - Stanford ou Harvard pour la plupart - en complement d'etudes techniques, legales ou autres. Un nombre relativement limite d’entre eux n'a pas de formation financiere ou business particuliere, apprennant "sur le tas" comme je l'ai fait. Une experience operationnelle dans le monde des startups est par contre necessaire - a mon sens - pour vraiment etre a meme de supporter les equipes de fondateurs avec lesquelles on est amene a travailler.
Tu as deux voies pour rentrer dans le monde du capital risque:
- Apres un cursus technique+MBA ou business school, tu rentres comme Associate dans un fonds de VC ou tu apprends le metier en analysant les business plans, construisant les modeles financiers et faisant la recherche pour les Partners. Si c'est une possibilite, tu peux montrer en grade apres qq annees et devenir Principal. Et eventuellement, un jour, devenir Partner. Mais ca peut prendre enormement de temps, et en plus je ne suis pas sur du tout que tu aies un sens de "la vraie vie" en suivant cette filiere-la. De plus, pas mal de firms dans la Valley te font clairement comprendre que tu n’as aucune chance de faire la transition Principal>Partner sans acquerir une experience operationnelle a l’exterieur.
- L'autre voie (que j'appelerai la "voie royale") consiste a avoir une carriere operationnelle, plutot dans le monde des startups, et de passer du "cote obscur de la Force" (on fait reference au monde du VC en tant que "Dark side" aux US) en tant que deuxieme carriere. C'est le modele auquel je crois le plus personnellement, surtout si - comme moi - tu veux investir tres "early stage".
N’hesitez pas a emettre vos points de vue, ou vos questions, en commentaires.


tout a fait d'accord, j'irai meme jusqu'à dire que les VCs n'ayant aucune experience operationelle (startup ou fortune 5000) sont presque tous à chier.
il faut une experience terrain pour etre legitime devant des entrepreneurs.
Rédigé par : Julien | 24/07/2006 à 01:31
Les VC Européen (surtout Belges, Hollandais, quelques Français et Allemands) que moi j'ai rencontré (je fait mon travail de fin d'études à ce sujet après 4 ans de formation enFinance and Risk management) parle tous du fait qu'en faite il ne faut pas spéciallement avoir de formation technique ("il y a assez de consultant en technologie) mais bien plus être un people's manager. S'avoir garder les types (entrepreneurs) sur les bonnes voies car ils sont de temps à autres trop enthousiaste et veulent tout le temps encore améliorer le produit avant de lancer alors qu'ils oublient qu'entretemps faire tourer une boîte coute de l'argent. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais ca me semblait assez censé. Il prétendait qu'en fait le meilleur age pour commencer c'est vers 45 ans, car vers cette age la on a déjà une bonne connaissance humaine et on est dans la meilleurs categorie en ce qui concrne le profil risque.
Rédigé par : charles symons | 24/07/2006 à 04:54
C’est un sujet super intéressant. Je sais que je vais être un peu hors sujet, mais j'aurais voulu en connaître un peu plus sur le quotidien d'un VC, donc le tiens, qui en plus investit early age.
Comment décides tu d'investir dans une société au stade embryonnaire de son développement.
Tu dis que tu analyses les business plan mais je ne sais pas si les start-up naissantes ont un business plan ? Sur quel base te décides tu ? L’affectif, la personnalité des dirigeant, le service proposé ? Si un service te parait moyen et que c'est une personne brillante qui le monte, investit tu dedans ?
Et une fois que tu a investit dedans, comment aide tu la start-up a se structurer, a se développer. Tu va personnellement dans la société ou tu donne des conseils a distance ?
Pour en revenir à la formation, que la grande majorité des VC viennent des 2 mêmes universités ce n’est pas un frein pour et l’ouverture d’esprit et la diversité dans les investissement ? les VC ne sont ils pas façonné sous le même moule ?
Peut être tu a déjà fais des notes a ce sujet ?
Excusez mon ignorance si j’ai posté des questions idiotes !!
Rédigé par : Bastien | 24/07/2006 à 05:30
Julien> Il y a des exceptions - comme partout. Par exemple on dit que les journalistes qui deviennent VCs sont des catastrophes ambulantes, sauf que Mike Moritz de chez Sequoia a finance Yahoo et Google.
Charles> C'est effectivement une question d'experience mais egalement de passion et d'envie. Si tu as bosse depuis ton plus jeune age, tu peux devenir VC a 35 ans et avoir 15 ans d'experience.
Bastien> Hmmm. Plein de questions interessantes la, et ou moins un ou deux posts a faire en follow-up. Concernant la pensee unique, puisque c'est coherent avec notre sujet, je ne pense pas que ce soit le cas. Il faut d'abord savoir que Stanford et Harvard sont parmi les tout meilleurs MBAs, et que ce qui compte enormement c'est l'experience et le cursus suivi au prealable. Et je peux te dire que les partnerships de la Valley sont tres diversifiees.
Rédigé par : Jeff Clavier | 24/07/2006 à 11:34
Ok, et c'est vrai que la mentalité la bas, l'envie d'entreprendre, d'innover et la non-peur de l'echec favorise la prise de risque à l'inverse de la france.
Rédigé par : Bastien | 24/07/2006 à 23:40
si je peux completer il y a une troisieme voie que j ai découvert à mes dépens: ecrire un blog sur la technologie et se faire repérer (bon c 'est vrai je rentre plutot dans la seconde categorie)
Jeff> a quand une VC business school? cela est il possible? Peut on dire qu il existe un tel metier avec ses techniques et theories comme en marketing et finance? Du peu que j en ai vu le metier de VC est plus empyrique que theorique mais je suis interesse de connaitre ton point de vue
Rédigé par : ouriel | 25/07/2006 à 04:17
Ouriel, il y a déjà plein de cours optionnels sur le métier de Venture Capitalist (avec intervenants, études de cas de la HBS, etc.); certains facs américaines comme la Carlson School of Management (Université du Minnesota) ont monté un fonds, supervisé par la Finance Faculty, géré au quotidien par les étudiants. Il y a des initiatives similaires au Babson College et à l´USC il me semble.
Quant à un cursus complet sur le métier de VC, je ne suis pas dans une bonne position pour vous répondre (simple stagiaire dans un fonds de capital-risque catalan). Mais Joel aura sûrement un avis sur la question...
Rédigé par : Jeremy Fain | 26/07/2006 à 08:42
Mille excuses: dans ma dernière phrase, Jeff et pas Joel. Il faut dire que la confusion est facile: Joel Spolsky "on Software" et Jeff Clavier "Software Only".
Désolé!
Rédigé par : Jeremy Fain | 26/07/2006 à 08:43
Le capital risque est un art, pas une science. On peut effectivement apprendre la "plomberie" (termsheets, process, etc.) dans des cours, mais on devient un bon vc avec de l'experience d'investissement et en faisant des erreurs. Vinod Khosla (un des VCs les plus connus) a dit un jour qu'il faut 6 a 10 ans, et une perte d'au moins $50M a $100M, pour pouvoir clamer etre un "vrai" VC.
Tu reperes les VCs qui ont appris dans les livres quand tu entends des questions completements bataudes du genre "What if Google does it" ?
Rédigé par : Jeff Clavier | 26/07/2006 à 09:28
Sujet vraiment interessant, peux tu nous expliquer comment tu es devenu VC Jeff?
Rédigé par : clemclem | 26/07/2006 à 14:44
Bonjour,
Je suis surpris que l'activité des VC n'ai pas d'équivalent dans le cinéma, les médias. Peut-être cela existe-t'il aux Us. Existe-t'il des passerelles entre votre métier et l'industrie cinématographique?
Rédigé par : arno | 26/07/2006 à 17:28
A Arno,
Mais il y a plein de VCs spécialisés dans les médias (et les nouveaux médias comme ceux de l´Internet 2.0)!
Certains profils de fonds recherchent des projets dans le domaine auquel tu fais référence.
Par exemple, les chaînes cablées ou satellite thématiques sont souvent financées par un pool comprenant une grande chaîne traditionnelle appartenant à un groupe de médias pour lui permettre de bootstrapper et un fonds américain. Wikio, qui est un média par excellence, est entre autres financé par notre hôte; tous les nouveaux magazines français, gratuits en tête, ont des fonds dans leur structure actionnariale; etc. etc. on pourrait lister des exemples sur plusieurs Tomes.
Quant au cinéma, il est abondamment couvert par des véhicules de financement spécialisés tels que les SOFICA en France. Un film, c´est certes une start-up (il y a un scénario qui correspond à la "story"; et il y a un business plan) mais c´est aussi un projet - c´est-à-dire qu´il prend fin de façon anticipée à un instant t. D´oú la nécessité de structures adaptées. Ensuite, dans ce milieu, tout se ramène au track-record et/ou au talent - voire à la chance. Il est évident qu´un nom comme Claude Lellouche n´aura aucun mal à lever un financement pour un film, alors que Tartampion de l´école de cinéma de la rue Y aura du mal à se lancer ex-nihilo sans présenter ses multiples court-métrages produits dans le passé.
In fine, le processus est le même que pour des capitaux-risqueurs "investissant" non pas dans des business générateurs de cash, mais dans des entrepreneurs en lesquels ils croient.
En résumé: pleins d´acteurs, sans jeu de mot aucun, pour financer des projets médias/culture. Reste à bien étudier le paysage et frapper aux bonnes portes.
Rédigé par : Jeremy Fain | 27/07/2006 à 03:45
Question à tous les VC...
Comment vous faites la chasse d'eau ?
(désolé !)
Rédigé par : Cyberdeeder | 31/07/2006 à 16:13